Apprivoiser la ménopause

Apprivoiser la ménopause
Ce n’est pas une maladie, juste une étape, à passer le plus en douceur possible, comme la puberté ! Nos solutions pour ne (presque) plus y penser.
Des règles qui ne sont plus si régulières, des cycles raccourcis, une exacerbation du syndrome prémenstruel avec des seins plus douloureux à l’approche des règles, quelques bouffées de chaleur nocturnes, passées d’abord inaperçues… Tels sont les signes annonciateurs de la ménopause.

Les médecins considèrent qu’elle est véritablement installée après un an sans règles, mais rien n’interdit de traiter les symptômes les plus inconfortables, au moins a minima, par des « petits » moyens. Quitte à les mettre de côté en cas de reprise inopinée du fonctionnement des ovaires. Celle-ci se traduit alors par des douleurs des seins ou des saignements. Jusqu’à l’arrêt définitif des règles.
Les troubles qui résultent du défaut de sécrétion des œstrogènes sont éminemment variables d’une femme à l’autre (à l’image d’une acné adolescente !). Les plus « bruyants » et les plus fréquents sont les bouffées de chaleur, plutôt la nuit, signalées par 4 femmes sur 5 ; elles sont jugées insupportables par 20 % d’entre elles… Le sommeil peut être perturbé, à la fois en raison des fluctuations hormonales et des réveils liés aux sueurs. L’os est parfois moins « dense » à cette période, de moins bonne qualité, notamment en cas de tabagisme ou de maigreur. Ce qui en compromet la solidité (la fameuse ostéoporose !) et facilite la survenue de fractures de « fragilité ». Certaines femmes encore souffrent de douleurs articulaires diffuses. Humeur en dents de scie, sécheresse vaginale, etc., on prête à la ménopause beaucoup de ces désagréments qui émaillent la vie d’une femme vers la cinquantaine.


Symptôme à symptôme
Une femme à la ménopause souffre, à des degrés divers, de l’un et/ou des autres de ces inconvénients. Pour les atténuer, tous les petits et plus grands (avec tact et mesure !) moyens sont bons. Ainsi, on peut compter sur les ressources suivantes.

• Les médicaments
Les hormones « médicaments », mais naturelles (en ce qu’elles sont identiques à celles produites par un corps féminin avant la ménopause), sont prescrites par un médecin obligatoirement. Il s’assure de l’absence de contre-indications, histoire familiale ou personnelle  de cancer du sein ou de thrombose (un caillot dans le réseau veineux). Ce traitement hormonal, substitutif, estradiol, en gel ou en patch, combiné à de la progestérone naturelle par voie orale, soulage tous les symptômes. Il n’est envisageable que dans les toutes premières années de la ménopause, à la dose minimale efficace, pour une durée la plus courte possible (de 2 à 3 ans sont en moyenne suffisants). Son intérêt (sa balance bénéfices/risques) doit être réévalué régulièrement, au moins une fois par an, avec le médecin, généraliste ou gynécologue.

• L’assiette
Au menu, les phytoœstrogènes, et parmi eux les isoflavones de soja, qui ont été les plus étudiés, contre les bouffées de chaleur, le symptôme par excellence, parce que le plus bruyant, de la ménopause. La dose thérapeutique, efficace et sûre, doit être inférieure à 1 mg/kg par jour en isoflavones aglycones (le composé actif), et il convient d’éviter l’addition de plusieurs sources de phytoœstrogènes (aliments et compléments). On peut y ajouter des antioxydants en cas de fatigue, idéalement sous forme de poissons, pruneaux, fruits rouges, asperges, etc.

• Les plantes
Hors le soja, le houblon qui renferme des phytohormones harmonise le climat hormonal. Il réduit ainsi les bouffées de chaleur, surtout dans un contexte d’irritabilité et de sommeil perturbé. Autre solution, l’actée à grappes noires, qui améliore les symptômes de la ménopause, bouffées en tête. Par ailleurs, la valériane peut apaiser les troubles de l’humeur.
L’huile essentielle de sauge qui régule la transpiration est précieuse. Associée dans un stick à un extrait de nénuphar anti-rougeurs et du menthol pour un effet frais, elle peut être appliquée dès que l’on sent monter la bouffée, pour y couper court (Ménostick de Ménophytéa).

• L’homéopathie
Un comprimé « complexe » prêt à l’emploi (Acthéane de Boiron) réunit 4 souches réputées soulager les bouffées de chaleur (dont l’actée à grappes noires). À mettre sous la langue 2 à 4 fois par jour en fonction de l’intensité des symptômes.


Réponses d’expert
Dr CHRISTIAN JAMIN, Gynécologue à Paris

TRAITEMENT HORMONAL : BIEN ENCADRÉ
Si traitement hormonal de la ménopause (THM) il doit y avoir, celui-ci est désormais obligatoirement « à la française ». C’est une combinaison d’hormones naturelles : estradiol (par voie transcutanée, pour ne pas augmenter le risque veineux, de phlébites) et progestérone. Des recommandations consécutives aux turbulences nées des études des années passées qui ont inquiété les médecins et les femmes. Dans l’état actuel de nos connaissances, aucun surrisque de cancer du sein ou de problème vasculaire n’a été observé avec ce protocole. L’objectif étant de donner la dose minimale efficace qui permet d’amender les symptômes les plus gênants, tels que les bouffées de chaleur ou les douleurs diffuses. Ce traitement, à bonnes doses, est aussi celui d’une ostéoporose si la densité minérale osseuse (mesurée en cas de facteurs de risque d’os plus fragile) le justifie, dans les premières années de la ménopause. Il n’est toutefois pas indiqué pour les femmes qui ont eu un cancer du sein, une phlébite ou qui souffrent d’une maladie cardiovasculaire. Le traitement hormonal de la ménopause n’est alors pas la priorité…


Témoignage
L’OCCASION D’UNE « RÉVISION GÉNÉRALE »
Françoise, 58 ans

Tout a commencé par des règles irrégulières, ce qui m’a donné quelques frayeurs… Ce n’était pas vraiment le moment, à notre âge, de faire un bébé ! Aucun autre symptôme pendant un temps ; puis des bouffées de chaleur qui commençaient à la tête et au cou, se propageaient dans la poitrine ou les jambes, pour deux à trois minutes. Le temps paraît alors si long. Heureusement, elles se produisaient plutôt la nuit. Certes, elles me réveillaient, me faisaient transpirer excessivement, mais elles étaient moins gênantes que lorsqu’elles se déclenchaient en situation de stress, au bureau en réunion par exemple… J’ai profité de ces petits ennuis pour faire une « révision » générale : les dents, les os, le dépistage du cancer du sein, celui du cancer du côlon, du col de l’utérus. Une période de transition propice aux bonnes résolutions – d’alimentation et d’activité physique !

En savoir +
Le petit livre de la ménopause, du Dr Caroline Chaine, aux éditions Odile Jacob.
Exemples à l’appui, les réponses aux questions que l’on se pose sur la périménopause et la ménopause. Chaque femme est unique !

Chiffre
51 ans, c’est l’âge auquel survient, en moyenne, l’arrêt des règles qui définit la ménopause (un an d’arrêt des règles).


Dr Brigitte Blond

Bien être et Santé
Septembre 2016