Choisir les bonnes plantes

Choisir les bonnes plantes
La phytothérapie ne s’oppose nullement aux médicaments classiques. Elle permet de soulager ou d’apaiser des affections sans gravité, et de stimuler ou compléter le traitement de certaines maladies chroniques.
Le diplôme d’herboriste a été supprimé il y a un peu plus de 70 ans et la phytothérapie n’est pas une spécialité médicale, mais il est toujours possible de se soigner efficacement par les plantes. Certains médecins généralistes ont suivi, en complément de leurs études médicales, une formation postuniversitaire dans une faculté dispensant un enseignement de phytothérapie sanctionné par un diplôme, ou dans une institution privée. Mais ils sont assez rares.
 
Pharmaciens, tous formés
Les pharmaciens, eux, reçoivent tous, durant leurs études, un enseignement en botanique et en pharmacognosie, en clair l’étude des médicaments d’origine  naturelle à usage médical, dont les plantes (origine, mode de production, principes actifs…).
Ils sont donc parfaitement à même de vous indiquer quelles plantes  peuvent soulager vos symptômes ou vos maladies, et de vous donner des conseils d’utilisation. De plus, les plantes et produits à base de  plantes vendus en pharmacie garantissent une qualité et une sécurité optimales.
 

Contrôlés et garantis
En France, comme tout autre médicament, chaque médicament à base de plantes (en comprimés, gélules, teinture mère) doit avoir reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) de la part des autorités sanitaires, après examen d’un dossier dans lequel le laboratoire pharmaceutique démontre qu’il a un effet reconnu dans telle ou telle indication et mentionne ses limites d’utilisation. Pour être certain que la qualité des principes actifs et leur dosage sont toujours les mêmes, les procédures de fabrication sont uniformisées, depuis la plante d’origine jusqu’au produit final. À côté de ces médicaments de phytothérapie, on trouve en pharmacie des tisanes (plantes séchées pour infusion ou décoction), des huiles essentielles et des élixirs floraux (fleurs de Bach), mais ces derniers constituent une forme particulière d’homéopathie et non de phytothérapie comme on pourrait le croire.
 
 
CHOISIR LES BONNES PLANTES
 
Les plantes médicinales sont tellement nombreuses qu’en dehors de quelques-unes très connues, il est parfois bien difficile de se repérer sans aide.
 
Pour vous guider, voici leurs principales indications reconnues en France.
 
Douleurs articulaires
Certaines plantes sont utilisées pour soulager les crises ou améliorer la mobilité : harpagophytum et cassis pour lutter contre l’inflammation ; saule blanc, reine des prés et ortie à la fois anti-inflammatoires et antidouleur. Mais aussi arnica, gingembre, romarin, bambou, curcuma, bouleau…
 
Circulation  veineuse
Les plantes riches en flavonoïdes, substances antioxydantes, à utiliser seules ou en association, soulagent jambes lourdes, chevilles gonflées et fourmillements, renforcent les parois veineuses ou fluidifient le sang dans les petits vaisseaux : marron d’Inde, hamamélis, petit houx (fragon), vigne rouge, ginkgo, mélilot, cassis, cyprès…
 
Troubles digestifs
Pour faciliter la digestion : boldo, romarin, fumeterre, radis noir, artichaut. La mélisse calme les spasmes de l’estomac et de l‘intestin. La menthe poivrée aussi et lutte contre nausées, ballonnements et inflammation intestinale. Fenouil, aneth, carvi, cumin et coriandre apaisent les maux de ventre. Autres plantes utilisées : thym, genévrier, sauge, bouillon-blanc.
Contre la constipation : pruneau, tamarin, rhubarbe, aloès, bourdaine, mais sans en abuser.
 
Rhume et maux de gorge
Pour lutter contre les symptômes liés au rhume : thym, sureau noir, eucalyptus. Contre la toux : lierre grimpant, fenouil, primevère officinale, menthe poivrée, thym, grande mauve, anis vert (toux grasse) et aubépine,  mélisse (toux sèche). Pour les maux de gorge, l’enrouement, l’extinction de voix : sisymbre guimauve, bouillon-blanc, romarin.
 
Troubles urinaires
En augmentant la production d’urine et en favorisant le drainage des voies urinaires, certaines plantes sont utiles en traitement complémentaire ou en prévention de la cystite. Busserole, pissenlit,
ortie, bouleau, orthosiphon ont des propriétés diurétiques. Grâce à leur effet antibactérien, les baies de canneberge (cranberry) sont utilisées pour prévenir les récidives chez les femmes abonnées aux crises de cystite.
 
Palpitations

La sensation que le cœur cogne très fort et s’emballe peut avoir diverses origines et correspondre soit à une adaptation du cœur à une situation normale, soit à des battements anormaux. Un avis médical est donc nécessaire pour faire le distinguo. Mais si ces palpitations sont bénignes, la valériane, réputée pour son effet calmant, est souvent associée à  d’autres plantes sédatives : aubépine, passiflore.
 

DU BON USAGE DES PLANTES

De nombreux médicaments ont été mis au point à partir d’observations de l’utilisation traditionnelle de certaines plantes puis produits chimiquement : aspirine, éphédrine, digoxine, réserpine, atropine… Même des anticancéreux : la vincristine et la vinblastine à partir de la pervenche de Madagascar.
 
Les diverses parties d’une même plante peuvent présenter des compositions chimiques différentes. Souvent, une seule partie de la plante est employée : rhizome (tige souterraine) du petit houx, racine de la gentiane, sommité fleurie du mélilot, feuilles du boldo ; mais parfois plusieurs : racine, feuilles et fleurs pour l’arnica, racine, feuilles et sommités fleuries pour le millepertuis. Dans d’autres cas, c’est un suc extrait par incision : suc d’aloès, baume du baumier du Pérou, par exemple.
 
En France, la fabrication de médicaments à base de plantes garantit une qualité et une efficacité constantes. Les contrôles sont nombreux. Il ne peut pas y avoir de confusions et quand des traces de polluants chimiques sont décelées, les lots de plantes sont rejetés.
 
Les personnes qui souffrent d’une maladie chronique peuvent prendre en parallèle des produits de phytothérapie, mais pas avant de demander conseil au pharmacien ou au médecin. Et surtout sans arrêter les traitements prescrits.
 
Les personnes ayant un terrain allergique (rhume des foins, eczéma, dermatite atopique, conjonctivite allergique, asthme…) peuvent développer des symptômes allergiques après la prise de plantes de la même famille que les plantes ou herbes responsables de l’allergie (par exemple, la camomille fait partie des astéracées). Il y a aussi des allergies croisées : l’allergie à une plante prédispose à l’allergie à une autre plante, par exemple fenouil et armoise.
 
En cas de grossesse et en dessous de 12 ans, il faut être prudent, surtout avec les huiles essentielles par voie orale.
 

CONSEILS DE PHARMACIEN

Méfiez-vous des plantes et des produits à base de plantes vendus sur Internet et dans certains pays. Leur composition n’est pas garantie et ils sont parfois contaminés, voire toxiques.
 
Signalez à votre médecin ou votre pharmacien que vous prenez un produit de phytothérapie, à cause du risque d’interaction avec certains médicaments classiques.
Le millepertuis, par exemple, utilisé pour soulager les déprimes légères, peut diminuer l’efficacité des antidépresseurs, de certains antimigraineux, anticoagulants, antiépileptiques, corticoïdes, etc. Mais aussi celle d’autres plantes : valériane, ginkgo, passiflore.
 
Si vous êtes allergique à l’aspirine, ne prenez pas de remèdes à base de plantes contenant des dérivés salicylés : saule, reine des prés, quinquina.
 
À  LIRE

200 PLANTES QUI VOUS VEULENT DU BIEN
L’auteure, pharmacienne, détaille pour chaque plante ses propriétés, recettes et posologies pour l’utiliser efficacement et sans danger Carole Minker, éd. Larousse pratique, 19,90 €.

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LE GUIDE DES PLANTES QUI SOIGNENT, LA PHYTO-THÉRAPIE À L’ÉPREUVE DE LA SCIENCE
Pour savoir comment les utiliser et distinguer les usages scientifiquement prouvés des usages fantaisistes, avec des fiches détaillées. Éditions Vidal, 26 €.


Evelyne GOGIEN
Juin 2014


Bien être et Santé