L’endométriose

L’endométriose
Cette maladie gynécologique encore méconnue touche pourtant une femme sur dix en âge de procréer.
En France, l’endométriose affecterait de 1,5 à 2,5 millions de femmes. La complexité des signes et la méconnaissance de cette maladie en retardent le diagnostic, qui ne serait porté qu’environ sept ans après les premiers symptômes. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 30 ans. L’examen clinique et échographique, voire par IRM, permet de détecter une endométriose. Mais le diagnostic définitif s’appuie sur l’analyse d’un prélèvement de tissu endométrial fait sous laparoscopie (à travers de petites ouvertures dans la paroi de l’abdomen).

Des cellules de l’endomètre migrantes
L’endométriose se caractérise par la présence de cellules de l’endomètre, une muqueuse qui tapisse l’intérieur de la cavité utérine, en dehors de celle-ci. Lors des règles, ces cellules, au lieu d’être évacuées vers le bas, refluent vers le haut par les trompes et pénètrent dans différents organes (ovaires, côlon, vessie, péritoine…), y provoquant des lésions, kystes et nodules.
La nature des symptômes dépend de la localisation des lésions, ce qui en fait une maladie dont les conséquences varient. Chez un tiers des femmes, l’endométriose passe même inaperçue. Chez les autres femmes, la maladie se traduit par des douleurs dans le bas du ventre et, pour la moitié d’entre elles, par de l’infertilité.

Douleurs des règles intenses et infertilité
Quelque 40 % des cas de douleurs pendant les règles sont liés à une endométriose. Ces douleurs sont plus invalidantes et plus intenses que celles accompagnant habituellement les règles et elles ne sont pas soulagées par un antalgique comme le paracétamol. Parfois, l’endométriose ne provoque pas de douleurs et la maladie est découverte lors d’un bilan pour un problème d’infertilité. Un tiers des cas d’infertilité féminine seraient dus à une endométriose.
À noter : la prise d’une pilule contraceptive peut masquer la maladie, dont le diagnostic n’est alors porté qu’à l’arrêt de la contraception.

Des hormones à la chirurgie
• Outre les antalgiques, un traitement hormonal (progestatifs, pilule contraceptive œstroprogestative en continu) est indiqué afin de réduire le taux d’œstrogènes et bloquer la prolifération et le saignement des lésions d’endométriose.
• Lorsque les autres thérapeutiques sont inefficaces, le traitement est chirurgical : conservateur (seules les lésions sont ôtées) ou total (utérus et ovaires sont ôtés).

BON À SAVOIR
Bien que douloureuse et handicapante, l’endométriose est une maladie « invisible » et donc souvent mal comprise par les autres. L’association française de lutte contre l’endo-métriose EndoFrance (www.endofrance.org) organise notamment des rencontres amicales pour un partage d’expérience et des tables rondes pour répondre aux questions.

AVOIR UN ENFANT ?
*On considère que de 30 à 40 % des femmes atteintes d’endométriose connaîtront des problèmes de fertilité. Il leur est donc conseillé de ne pas trop retarder la première grossesse. La congélation des ovocytes est parfois envisagée.
*Si la grossesse ne vient pas spontanément, on peut avoir recours aux techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) : stimulation de l’ovulation, insémination artificielle, fécondation in vitro (FIV).
*Le taux de réussite de l’AMP chez les femmes atteintes d’endométriose est similaire à celui observé dans les autres formes d’infertilité féminine (environ deux tiers des femmes).

Christine FALLET

Bien-être et Santé
Juillet août 2016